20080526

Laicité... Propos datant de 2004 à Papeete

Propos sur la recherche de la vérité,

par un farouche partisan de la laïcité.


Ces quelques propos sont plus sur la vérité que sur la laïcité, mais étant un farouche partisan de cette laïcité, j'estime devoir donner mon opinion de citoyen sur la vérité que certains voudraient imposer sur le territoire.

Quelle différence fait-on entre connaître la vérité et la rechercher ?

Pour répondre à cette question, je voudrais d'abord tenter de définir la vérité, à travers quelques exemples.

-La vérité dans le domaine de la Justice, c'est la connaissance de ce qui est arrivé à une victime et de ce qu'à fait son bourreau. S'il manque des précisions aux faits connus, ils demeurent des hypothèses.

Dans ce cas présent, une vérité est une hypothèse vérifiée.

L'hypothèse n'étant pas encore une vérité en devenir, mais plutôt une vérité potentielle.

Souvent, il existe plusieurs hypothèses que bourreau et victimes érigent en vérités, qui chacune sont différenciées.

Leurs vérités sont plutôt leur credo. Ce en quoi ils croient ou font semblant de croire car ici, la vérité et le mensonge se côtoient et parfois ce qui mensonge pour un parti est une vérité pour l'autre.


-J'ai choisi de commencé un peu lourdement en donnant un exemple de la vérité, mais il en existe deux autre. Pardonnez encore une fois la lourdeur du style.

La vérité en philosophie ou en religion.

En philosophie, c'est assez simple, le philosophe cherche la vérité. Normalement il ne prétent pas la connaître, mais peut espérer s'en approcher.

En religion, les choses se compliquent.

Certaines religions sont basées sur une vérité révélée.

Personne ne dit comment cette vérité fût-elle révélée, on sait simplement que c'est une vérité et c'est tout.

On ne discute pas sur le contenu des oeuvres littéraires divines, c'est un pêché très grave.

Forcément, dans ses conditions et au pied du bûcher, il ne reste plus qu'à obtempérer.

En cas de contestation, on peut éventuellement présenter un gros livre d'histoires pieuses, une bible, un nouveau testament ou pourquoi pas un manifeste du parti communiste.

Pardonnez-moi d'être un peu provocateur, mais je mets les extrêmes dos à dos.

Bref, chacun selon ses opinions y trouvera une édition de son ouvrage pieux préféré.


Cela dit, je vis sur une île et ici, la religion majoritaire est le christianisme, dans deux déclinaisons que sont le protestantisme et le catholicisme.

Ce qui divise ces deux églises est peut-être moins visible que ce qui les réunis. Ca n'a pas toujours été le cas. Je me rappelle assez bien de mes cours d'histoire et je considère le protestantisme comme fils adoptif de l'imprimerie. Sans l'imprimerie, la lecture serait restée l'apanage des prêtres et moines catholiques ou des rois, eux-même catholiques par ailleurs.

L'imprimerie a permis la diffusion rapide de livres religieux et a permis à Luther d'appuyer sa doctrine sur des textes qui devenaient ainsi compréhensible à beaucoup de monde et dont il pouvait par des traduction en langue dite vulgaire, lever les ambiguïtés.

A partir de là, catholiques et protestants ont luttés, les uns contre les autres, les uns massacrants ou brûlants les autres au nom de la vérité, je devrais dire au nom de leur vérité révélée.

Voila ce qu'a fait le christianisme en Europe, et je ne parle pas des croisades contre les "albigeois" ou contre les musulmans dont les communautés juives furent souvent des victimes collatérales, je n'évoque même pas les bûchers des personnes accusées de sorcellerie, je n'évoque pas les tortures de l'inquisition...

Mais je reviens à mon sujet qui est, le christianisme.

Lorsque Jésus a commencé à prêcher, il n'a pas fondé une religion. Jésus était juif et il avait certainement de grands talents d'orateurs et une certaine aura pour se faire remarquer et être suivi par autant de gens petits et grands.

Celui qui a fondé une religion, c'est Paul, lorsqu'il a voulu établir les règles et dépoussiérer la halakha (en gros : la liste des règles et prescriptions religieuses). A partir de ce moment là, ceux qui ont voulu rester juifs le sont restés et les autres sont devenus chrétiens.

Les quelques règles abolies au cours des ages par les instances chrétiennes ont été la suppression de l'obligation de la circoncision, la suppression du shabbat, la suppression de la cacherouth,et d'autres encore, afin de permettre aux non-juifs de rejoindre la communauté.

Cela a permis également aux chrétiens de se différencier des juifs plus facilement.

Une famille pratiquant le shabbat était plus facile à reconnaître, donc, en période d'hostilité, plus facile à agresser. Les juifs et le chrétiens étaient tellement différenciés qu'il était facile pour les seconds de traquer les premiers qui étaient d'après eux restés dans l'erreur.


Mais je m'égare encore une fois.


Le christianisme a été contraint de s'adapter, afin de s'imposer parmi les peuples d'Europe et du proche-orient. Ainsi, il fallait trouver l'équivalent à Isis, Athéna ou Astarté, une déesse vierge.

Et bien les évangiles révèleront la virginité de Marie, afin de faire de l'ombre aux précédentes.

Je rappelle tout de même que les évangiles ont tous été écrits largement après la mort de Jésus, dans une zone géographique dépendant de l'empire romain. Donc il ne semble pas impossible d'y avoir glissé quelques adaptations à sa doctrine.

La plupart des peuples du bassin méditerranéen avaient des fêtes relatives aux solstices, et bien qu'à cela ne tienne, la naissance de Jésus sera le 25 décembre, à proximité du solstice d'hiver. Dans l'hémisphère nord, en Europe, les nuits sont très courtes à cette période, et les hommes devaient se resserrer pour mieux se protéger des dangers nocturnes.

Ainsi, au cours des siècles la doctrine a évolué, jusqu'au culte marial décrété il n'y pas si longtemps.

Les livres religieux n'ont pas été écrit par Dieu. Il a tellement de "nègres" à son service qu'il n'a pas à se fatiguer. Seulement je ne suis pas sûr que sa parole soit bien transmise.

Les religieux affirment un certain nombre de choses au sujet de Dieu. Ne sont-ils pas orgueilleux pour prétendre connaître autant de choses sur leur créateur.

Certains me considèrent comme athée, je ne l'ai pas toujours été, mais je me suis toujours gardé d'écouter les gens qui parlent en experts de choses qu'ils ne connaissent pas mieux que moi ni que le commun des mortels.

Voici pourquoi je considère que la foi doit être une chose privée, et pas une chose publique (res-publica)

L'existence de Dieu, est bien une hypothèse, ce n'est pas une hypothèse irrecevable, bien au contraire. Ce qui est plus discutable, c'est l'ensemble des certitudes cléricales à son sujet.

Cela dit, lorsque les rédacteurs des évangiles font dire à Jésus qu'il faut rendre à César ce qui est à César et rendre à Dieu ce qui est à Dieu, j'aimerai rappeler à messieurs les politiciens que cela signifie séparer la politique de la religion.


Si cela avait été suivi au cours de l'histoire, jamais un peuple n'aurait connu le ridicule d'être soumis à une hypothèse et manipulé au nom de celle-ci.


Il y a des lieux pour les prières et des lieux pour le travail. La religion ne doit pas apparaître dans le domaine public.


Le christianisme est implanté dans le Pacifique depuis très peu de temps. Les Polynésiens n'ont pas cette partie de l'histoire qui leur permettraient de voir en la laïcité une espérance de paix et de continuer à rechercher la vérité plutôt que de suivre ceux qui prétendent la connaître.


J'ai parlé de la vérité, dans trois domaines. Celui de la justice, très brièvement celui de la philosophie, et celui de la religion pour finir.


Je vais conclure en revenant à la philosophie et en ajoutant que celui qui cherche la vérité est souvent bien plus proche que celui qui prétend la connaître.


Petite phrase à méditer peut-être : "Une idée reçue est souvent une idée morte."


Jonas, PAPEETE. Septembre 2004.



Ces propos font suite à l'accrochage d'un crucifix, remplacé ensuite par une croix, sur un mur de l'assemblée territoriale de Polynésie Française.
Ce signe religieux mal placé a été retiré après plusieurs mois de pression sur la majorité indépendantiste hypocrite.
Vouloir être indépendant et vouloir dépendre d'un dieu, n'est-ce pas contradictoire.
Oui à l'indépendance de la Polynésie Française, mais tout d'abord oui à l'indépendance économique, sans quoi l'indépendance politique ne sera jamais qu'un rêve.

0 commentaires: