20091205

Notes sur thématique de la sécurité et la liberté appliquées à l'informatique et aux télécommunications..

Brève introduction :
Nous convenons que la sécurité est une nécessité pour que chacun puisse s'épanouir en toute liberté.
Cependant, des outils ont été développés dans l'optique officiel d'améliorer la sécurité des nations ou des individus, ou d'empêcher la commission d'actes criminel ce qui relève plus de la sureté.
Faisons bien ici un distinguo entre sécurité et sureté.


Echelon, une étape vers un monde plus sûr ?
Peu après la 2ème guerre mondiale, les USA ont mis sur pieds un système complexe d'écoute des communications. Évidemment il a fallut trouver une solution pour trier les conversations ou messages amoureux et les conversations belliqueuses. Pour cela, ils ont créé un système de tri par mots clés.
Si certains apparaissent un certain nombre de fois dans une conversation ou dans message informatique, alors la conversation ou le message sont interceptés, stockés et analysés ultérieurement. Il y a des employés spécialisés dans cette écoute et tous ne sont pas US.
La France a créé un système équivalent, en moins puissant, nommé frenchelon.
On pouvait comprendre l'utilité du système en pleine guerre froide...

Quand la sureté nationale et l'impératif de sécurité deviennent des alibis :
Souvenez-vous, il y a quelques années, des accusations d'espionnage industriel avait été faites à l'encontre des USA.
Le projet Echelon a servit à espionner Airbus dans la guerre technologique que se livrait les avionneurs Airbus et Boeing.

Imaginons une dictature se retrancherait derrière l'alibi de la sécurité pour brimer la liberté.
Il y a quelques années, sous l'administration Bush, lorsque je transitais aux USA, j'avais l'impression que nous n'en étions pas loin. Dormez braves gens, l'incompétent président s'occupe de votre sécurité, au mépris de votre liberté, mais quand j'aurais fini mon petit boulot le monde sera plus beau... On a vu le résultat !
Depuis, j'ai l'impression qu'ils se sont un peu calmés. Peut-être l'effet magique OBAMA.

La problématique des réseaux sociaux, un fichage volontaire ?
Il y a deux ans, les jeunes descendaient dans la rue pour manifester contre le projet EDVIGE. Il s'agissait d'un nouveau système de fichage informatique, mais je passe les détails, vous vous en souvenez certainement.
Je me suis fait une reflexion, sur tous ces jeunes s'offusquant pour cela, combien se sont fichés volontairement sous Facebook, étalant ainsi leur vie, beaucoup plus que ne le ferait le fameux fichier EDVIGE. Un paradoxe, du fait de leur manque d'éducation et de sens critique ne leur paraît pas évident.
Je le constate tous les jours, nos concitoyens utilisent l'informatique à mauvais escient car la société les incitent à le faire.
J'ai entendu parlé de droit à l'oubli sur Internet. Désolé de vous décevoir mais l'idiot qui a pondu cette idée n'a rien compris à l'usage qu'on peut faire d'un tel outils. En l'état des divergences de législations entre les pays, le droit à l'oubli sur Internet n'est qu'une très vague vue de l'esprit !

La problématique générale de l'informatique :
J'avais dit que je me limiterais à une page et j'attaque ma deuxième. Donc, ce sera mon dernier développement.
Dans les années 70, l'ancêtre d'Internet a vu le jour, il était à l'époque un réseau d'abord militaire, puis universitaire, quand on connait la proportion de sites pornographiques présents sur le réseau des réseaux, on a du mal à l'imaginer.
Pour communiquer d'un point à un autre, nous avons besoin d'une adresse. Pour téléphoner, il nous un numéro de téléphone, pour appeler quelqu'un dans une foule, il nous faut son nom...
Les ordinateurs n'échappent pas à cette règle. Ils possèdent ce qu'on appelle une adresse IP (Internet Protocol), il en existe deux type, mais je vais passer les détails de l'évolution, ce n'est pas le sujet.
Lorsque vous allez sur Internet, les serveurs par lesquels vous passez notent les adresses IP des connexions. A partir d'une adresse IP, on peut savoir où vous vous trouvez, à moins d'utiliser les services du réseau Onion Tor, mais tout un chacun ne le fait pas.
Lorsque je reçois un spam, je cherche l'adresse d'expédition dans l'entête du message et à partir de là, je peux savoir où se trouve l'expéditeur. S'il se trouve en Chine, je ne suis pas plus avancé...
Un Fournisseur d'Accès Internet (FAI) a la possibilité de dire que telle adresse appartient à telle personne qui vit à telle adresse. Ainsi, on peut retrouver facilement un pédophile par exemple.
Mais vous l'aurez compris, c'est un outil à double tranchant. Les dissidents chinois aussi ont cette problématique, mais eux ne sont pas pédophiles, ils ont simplement envie d'être libres.

Conclusion :
On nous présente la sécurité comme une nécessité, mais parfois les abus conduisent à des situations liberticides voire à des vols d'information. Les états étant libres sur leur territoire, nous ne pouvons malheureusement pas faire beaucoup, à part éviter de nous étaler trop sur Internet.
Je cède momentanément la parole à quelqu'un qui en parle mieux que moi : « Fondamentalement
ambivalentes, les avancées technologiques sont en effet porteuses de dynamique contradictoires et potentiellement subversives. » (Edgar SZOC, Ligue Droit de l’Homme)
Alors...
Un CV sur Internet, pourquoi pas ?
Un blog pourquoi pas ?
Mais la règle d'or est de ne pas raconter sa vie, ni d'étaler celle des autres.

Des questions qui peuvent se poser ?
- L'objectif de sécurité sur Internet n'est-il pas plutôt un projet de contrôle global ?
On peut se le demander, mais un même outil peut servir dans plusieurs objectifs.
Un jour, j'ai cherché une comparaison et je pense avoir trouvé l'idée :
Si tu donnes une pelle à un honnête homme il retournera la terre de son jardin,
Si tu donnes une pelle à un criminel, il creusera ta tombe...
L'outil est le même, c'est l'utilisateur qui en change la destination.

- Trop d'informations ne rendent-elles pas les systèmes de contrôle inopérants ?
Croyez-moi, la réponse est non.

A Papeete, Le 5 décembre 2009.
Jonas.

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